Hauts-de-Seine : quand la science, l'art et le souffle nous rassemblent

5 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Île-de-France · Hauts-de-Seine

Hauts-de-Seine : quand la science, l'art et le souffle nous rassemblent

Cette semaine, les Hauts-de-Seine se transforment en un territoire où les questions les plus urgentes de notre époque croisent des propositions culturelles et scientifiques d’une rare intensité. Entre réflexions sur notre démocratie, explorations des mystères de l’Univers et moments de poésie persane, le département offre des rendez-vous qui invitent à penser, ressentir et apprendre — parfois dans le même mouvement.

La démocratie, l’ingénierie et l’Univers sous les projecteurs

C’est à Meudon que s’ouvre le bal, le 28 septembre, avec une séance de l’Université du Potager du Dauphin consacrée à la Ve République. À quelques semaines de consultations électorales majeures, cette rencontre tombe à point nommé. Alors que les débats sur la « crise démocratique » s’intensifient, elle propose de revenir aux fondements de nos institutions, non pas comme un exercice académique, mais comme une invitation à en saisir les ressorts concrets. Une occasion rare de confronter les idées reçues à l’épreuve des faits, dans un lieu où l’histoire politique française a souvent trouvé un écho particulier.

Le 3 octobre, la Fête de la Science s’invite à Meudon avec une exposition dédiée à Albert Caquot, ingénieur dont le nom résonne bien au-delà des cercles spécialisés. Labellisée « Année de l’ingénierie 2025-2026 » et placée sous le patronage de l’UNESCO, cette rétrospective met en lumière un homme dont les inventions ont façonné notre quotidien — des ponts aux dirigeables, en passant par des avancées moins visibles mais tout aussi déterminantes. L’exposition rappelle que l’ingénierie n’est pas qu’une affaire de calculs et de matériaux : c’est aussi une aventure humaine, où audace et persévérance redéfinissent sans cesse les limites du possible.

Deux jours plus tard, le 5 octobre, l’astrophysicien David Elbaz prendra la parole pour raconter Le nouveau récit de l’Univers, tel que le révèle le télescope spatial James Webb. En quelques années, cet outil a bouleversé notre compréhension du cosmos, repoussant les frontières de l’observable et soulevant des questions vertigineuses sur les origines des galaxies. Elbaz, connu pour son talent de vulgarisateur, saura sans doute rendre accessibles ces découvertes qui, hier encore, relevaient de la science-fiction. Une conférence à ne pas manquer pour quiconque s’est déjà surpris à lever les yeux vers le ciel, saisi par l’immensité qui nous entoure.

Le corps et l’esprit en mouvement

Si la science et la politique occupent le devant de la scène, les Hauts-de-Seine réservent aussi des moments où le corps et l’esprit se répondent. À Issy-les-Moulineaux, le 5 octobre, le professeur Thomas Similowski, pneumologue de renom, animera une conférence sur Les superpouvoirs de la respiration. Derrière ce titre évocateur se cache une exploration des mécanismes méconnus de notre souffle — bien au-delà de sa simple fonction vitale. Similowski, qui a consacré sa carrière à étudier les maladies pulmonaires, montrera comment la respiration influence notre stress, notre concentration, voire notre rapport aux autres. Une plongée fascinante dans un acte que nous accomplissons sans y penser, mais qui structure pourtant notre existence.

Le même jour, toujours à Issy, une Veillée poétique persane nous transportera bien loin des équations et des débats institutionnels. Avec Orang Gholikhani, poète et comédien, et Ghazaleh Mirzazadeh à la flûte, cette soirée promet de faire résonner les vers du Shahnameh, ce monument de la littérature persane, à travers des lectures et des musiques qui en restituent la puissance évocatrice. Le Simorgh, cet oiseau mythique roi de la volière, symbolise ici la quête de sens et de beauté dans un monde souvent chaotique. Un moment de grâce où les mots et les notes se mêlent pour créer une expérience sensorielle unique.

Notre coup de cœur : L’hors-présence, ou l’art de saisir l’insaisissable

Parmi tous ces rendez-vous, c’est sans hésiter L’hors-présence, présenté à Nanterre le 4 octobre, que nous mettons en avant. La metteuse en scène Tiphaine Raffier y explore avec une rare justesse le thème de la maladie et de la mort au sein d’une fratrie. Dans une maison où le temps se défait sous le poids du tragique, les personnages oscillent entre refus et acceptation, entre colère et tendresse. Raffier évite les écueils du pathos pour se concentrer sur ce qui fait la complexité des relations humaines : ces non-dits, ces gestes esquissés, ces silences qui en disent plus que les mots. La pièce interroge aussi une question universelle : qui a le droit de décider, de parler, de se taire, quand la fin approche ? Une œuvre puissante, servie par une écriture ciselée et une mise en scène qui joue avec les limites de la présence scénique. À voir absolument pour son intelligence et son humanité.

Et si on prolongeait la découverte ?

Pour celles et ceux qui souhaiteraient compléter ces propositions par des visites plus libres, les Hauts-de-Seine regorgent de lieux où le temps semble suspendu. L’Arboretum de la vallée-aux-Loups, à Châtenay-Malabry, offre une parenthèse végétale où plus de 500 espèces d’arbres et d’arbustes se déploient dans un écrin de verdure. Un havre de paix pour se ressourcer, loin de l’agitation urbaine.

À Puteaux, l’Atelier Gaston Garino permet de plonger dans l’univers d’un artisan d’art dont le travail, à la croisée de la sculpture et de la décoration, témoigne d’un savoir-faire rare. Un lieu où l’on prend conscience de la patience et de la précision nécessaires pour donner vie à la matière.

Enfin, pour les amateurs de lectures et de jeux, les bibliothèques de Rueil-Malmaison — Les Mazurières et l’Espace Renoir — proposent des espaces chaleureux où se perdre dans les pages d’un livre ou partager un moment ludique. Des lieux où la culture se vit au quotidien, sans protocole ni horaire imposé.

Cette semaine dans les Hauts-de-Seine, c’est donc une invitation à explorer les multiples facettes de notre rapport au monde : par la pensée, l’émotion, la science ou l’art. Des propositions qui, chacune à leur manière, nous rappellent que la curiosité et l’ouverture d’esprit sont les meilleurs guides pour appréhender la complexité de notre époque.

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