Paris en images : quand la photographie et le cinéma écrivent la rentrée
7 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Île-de-France · Paris
La rentrée parisienne s’annonce sous le signe de l’image, entre hommages aux maîtres du passé et explorations contemporaines. Cette semaine, la Maison Européenne de la Photographie (MEP) devient le cœur battant d’une programmation qui mêle rétrospectives ambitieuses, récits intimes et regards acérés sur le monde. Et si l’on commençait par là, justement, pour échapper aux listes de fournitures scolaires et aux résolutions oubliées dès le 15 septembre ?
William Klein, ou l’art de tout bousculer
Parmi les expositions qui marquent cette période, la rétrospective William Klein : Films, Etc. s’impose comme un coup de cœur. Jusqu’au 2 septembre, la MEP et le Studio William Klein célèbrent le centenaire de ce géant de la photographie et du cinéma, dont l’œuvre a redéfini les frontières entre documentaire et fiction. Klein, c’est l’homme qui a transformé New York en terrain de jeu graphique avec ses cadrages décentrés, ses contrastes violents et son refus des conventions. L’exposition, centrée sur ses films, révèle une facette moins connue de son travail : celle d’un cinéaste qui filmait la rue comme on écrit un roman, avec une liberté qui reste aujourd’hui encore une leçon. À voir absolument, ne serait-ce que pour comprendre comment un seul artiste a pu influencer des générations de photographes et de réalisateurs.
Des récits qui résistent au temps
La MEP ne se contente pas de regarder en arrière. Avec La photographie en toutes lettres, elle propose une exposition collective où 34 artistes interrogent le langage, la mémoire et les silences de l’image. Parmi eux, Camille Vivier, à qui la galerie consacre sa première rétrospective. Son travail, à la croisée de la photographie et de la sculpture, explore les corps et les formes avec une sensualité qui frôle parfois l’abstraction. Ses séries, où se mêlent nus, paysages et objets du quotidien, créent un dialogue troublant entre l’organique et le minéral. À côté, Faultlines de Martine Dawson plonge dans les maisons abandonnées d’une ville minière du Montana, où chaque fissure des murs raconte une histoire de déclin et de résistance. Deux approches radicalement différentes, mais qui partagent cette capacité à faire parler l’espace domestique, qu’il soit intime ou déserté.
La rentrée en musique et en souvenirs
Si la photographie domine cette semaine, le cinéma et la littérature ne sont pas en reste. Le 7 septembre, deux avant-premières promettent de clore la semaine en beauté. D’un côté, Notre Salut, d’Emmanuel Marre, plonge dans les coulisses du régime de Vichy à travers le parcours d’Henri Marre, un homme ordinaire pris dans les rouages de l’Histoire. De l’autre, une avant-première surprise organisée par le Syndicat des Cinémas d’Art, de Répertoire et d’Essai (SCARE) – un événement qui rappelle que le cinéma, avant d’être une industrie, est d’abord une aventure collective. Et pour ceux qui préfèrent les défis en équipe, le Blind Test Live chez O’Sullivans, du 7 septembre, transforme la rentrée en une bataille musicale où il faudra reconnaître les tubes entre deux éclats de rire.
Enfin, deux rencontres littéraires viennent clore ce panorama. Franck Maubert, avec Sur la route du retour, explore la mémoire comme un territoire à réinventer, tandis que Claire Griois, dans Une toute petite fissure, dissèque une passion avec une précision chirurgicale. Deux livres qui, chacun à leur manière, rappellent que les récits – qu’ils soient visuels, sonores ou écrits – sont d’abord des moyens de résister à l’oubli.
Et si on sortait du cadre ?
Pour prolonger cette semaine placée sous le signe de l’image, quelques lieux parisiens méritent le détour. L’Abbaye royale du Val-de-Grâce, avec son église baroque et son musée du Service de santé des armées, offre une plongée dans l’histoire médicale de la France, entre instruments anciens et récits de guerre. Plus contemporain, le Mona Bismarck American Center, face à la Tour Eiffel, propose des expositions qui explorent les liens entre la France et les États-Unis, dans un hôtel particulier où l’on se surprend à rêver d’une autre époque. Et pour ceux qui auraient besoin d’une pause sucrée, les glaces d’Amorino, avec leurs parfums bio et leurs présentations en forme de rose, sont une petite gourmandise qui console de la fin de l’été.
Cette semaine, Paris se révèle à travers ses images, ses histoires et ses lieux. Une rentrée qui, loin des sentiers battus, invite à regarder autrement.
Pour en savoir plus
- Concours The Dreamers
- Martine Dawson - Faultlines
- Rétrospective William Klein : Films, Etc.
- La photographie en toutes lettres
- Camille Vivier
- Franck Maubert présente « Sur la route du retour »
- Claire Griois présente « Une toute petite fissure »
- [Gratuit] Blind Test Live
- Avant-Première : « NOTRE SALUT », un film d’Emmanuel Marre
- Avant-première surprise
- 2025-2030 : le Centre Pompidou se métamorphose
- Abbaye royale du Val-de-Grâce et musée du Service de santé des armées
- American Center for Art and Culture - Hôtel Mona Bismarck
- Amorino