Seine-Saint-Denis : quand l’automne s’invente entre ateliers, écrans et magie des sens
19 octobre 2026 · La rédaction de Sortir en Île-de-France · Seine-Saint-Denis
Cette semaine, le 93 se transforme en un terrain de jeu où l’on explore, crée et rêve sans compter. Entre les vacances scolaires qui commencent et les jours qui raccourcissent, les propositions s’adressent à tous les âges, avec une attention particulière portée aux plus jeunes. Pas de place pour l’ennui : ici, on danse, on joue, on fabrique des histoires, et parfois, on les vit la tête en bas.
L’art de grandir autrement
À Montreuil, le stage de dancehall pour les 6 ans et plus s’installe comme une évidence. Du 19 au 23 octobre, deux créneaux horaires accueillent enfants et ados, séparés par tranches d’âge pour adapter le rythme et les mouvements. Pas besoin d’être un·e expert·e : l’idée est de bouger, de s’amuser, et de découvrir une culture musicale qui a traversé les océans. À quelques rues de là, le même jour, Rêver avec Morgane la Fée propose aux tout-petits un spectacle sensoriel pour apprivoiser la nuit. Entre lumière tamisée, comptines et étoiles en tissu, l’univers onirique de l’île d’Avalon sert de prétexte à une initiation douce aux peurs enfantines. Un coup de cœur pour les parents en quête d’une alternative aux écrans avant le coucher.
À Romainville, la piscine Jean Guimier se métamorphose en repaire de pirates pour Halloween. Du 20 au 23 octobre, les après-midis se parent de décors mystérieux et d’activités aquatiques thématisées. Une façon malicieuse de mêler sport et imagination, sans tomber dans les clichés effrayants. De l’autre côté du département, à Bondy, la bibliothèque Denis-Diderot mise sur le jeu de société pour les très jeunes enfants. Le 21 octobre, les bibliothécaires sortent les plateaux colorés et les règles simplifiées, prouvant que jouer ensemble, c’est aussi apprendre à partager, à compter, et à raconter des histoires.
Écrans et récits : quand le réel se raconte en images
Le cinéma s’invite en force cette semaine, avec deux ciné-ateliers à Rosny-sous-Bois. Ma famille de samouraïs, le 19 octobre, plonge les enfants dans le São Paulo des années 1980 à travers les yeux de Noboru, un garçon qui découvre ses racines japonaises. Un film qui parle d’identité, de transmission, et de ces petits mensonges que l’on se raconte pour se construire. Le lendemain, Le Monde à l’envers propose une réflexion plus poétique, où un souriceau à l’envers et un poisson explorateur deviennent les héros de récits qui bousculent les perspectives. Ces séances ne se contentent pas de projeter des films : elles invitent à en discuter, à les prolonger par des activités créatives, transformant la salle en un espace de dialogue.
Pour les plus grands, le séminaire automnal du BAL à Aubervilliers, en partenariat avec l’EHESS, interroge la notion de « document » à travers le prisme de l’image contemporaine. Le 19 octobre, chercheurs, artistes et curieux se retrouvent pour explorer les frontières entre réalité et fiction, entre archive et création. Une occasion rare de croiser les regards sur ce qui fait image aujourd’hui, bien au-delà des galeries et des musées.
Créer sans limites : la scène comme laboratoire
À Saint-Ouen, ALTER EGO marque le coup d’envoi des stages ados de la saison à Mains d’Œuvres. Animé par ChaToublanc de Cri du cœur, ce premier rendez-vous des vacances d’automne promet une semaine de création collective, où le théâtre, la danse et les arts visuels se mêlent pour donner forme à des univers personnels. L’accent est mis sur l’expression individuelle, dans un cadre bienveillant où l’erreur devient une étape, pas un échec. À Montreuil, l’atelier Musique brute, le 20 octobre, ouvre ses portes aux débutant·es à partir de 16 ans. Sous la houlette des Psychotic Monks, en résidence au Maad93, les participant·es sont invité·es à renverser les codes, à faire du bruit, à transformer les murs en ponts. Un atelier qui rappelle que la musique, avant d’être technique, est d’abord une histoire de corps et d’émotions.
Enfin, à Saint-Denis, Poison rend hommage à Jean Genet le 19 octobre, à travers un essai scénique en trois volets. Entre déviance, héroïsme et marginalité, le spectacle explore les zones grises de la société, là où les normes se fissurent. Une proposition audacieuse, qui confirme que le 93 reste un terreau fertile pour les artistes qui osent bousculer les conventions.
Et si on prolongeait la visite ?
Pour celles et ceux qui voudraient ajouter une touche de découverte à leur semaine, la Cité du Cinéma à Saint-Denis, fraîchement inaugurée, s’impose comme une étape incontournable. Installée dans une ancienne centrale électrique Art Déco, ce complexe de 12 000 m² mêle salles de projection, studios de tournage et espaces d’exposition. Un lieu où le 7e art se vit sous toutes ses formes, des coulisses aux écrans. À quelques minutes de là, l’Académie Fratellini propose une plongée dans l’univers du cirque, avec des spectacles et des ateliers qui célèbrent l’audace et la poésie du mouvement. Enfin, pour une approche plus historique, l’ancienne gare de déportation de Bobigny rappelle un pan sombre de l’histoire locale, invitant à une réflexion sur la mémoire et ses traces dans le paysage urbain.
Cette semaine en Seine-Saint-Denis, c’est l’occasion de voir le département sous un jour nouveau : un territoire où l’on grandit, où l’on crée, et où l’on se surprend, bien loin des idées reçues.
Pour en savoir plus
- Images en commun - Séminaire automnal du BAL avec l'EHESS
- ALTER EGO
- Dancehall - 6 ans et +
- Ma famille de samouraïs
- Poison
- Le Monde à l'envers
- Rêver avec Morgane la Fée
- PIRATE D'HALLOWEEN
- Musique brute
- Alors, on joue ?
- 19 et 20 septembre 2026 : grande inauguration de la Cité du Cinéma
- Académie Fratellini
- Ancien Hôtel du Terrail - Hôtel de Ville
- Ancienne gare de déportation de Bobigny